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Droit des étrangers

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mardi, octobre 14 2008

Hortefeux voit son marché de dupes suspendu !

Trouvé sur "Le Monde" ce jour.

Le tribunal administratif de Paris a "enjoint", mardi 14 octobre, le ministre de l'immigration, Brice Hortefeux, de geler l'appel d'offres lancé par ses services à la suite de la publication, le 22 août, du décret réformant le dispositif d'aide aux personnes placées en centres de rétentions administratives (CRA). Lundi, cinq associations – la Ligue des droits de l'homme, le Groupe d'information et de soutien des immigrés, le Syndicat des avocats de France, les Avocats pour la défense du droit des étrangers et l'association des avocats du réseau ELENA spécialisé sur l'asile – avaient déposé un recours en référé contre cet appel d'offres, entaché, selon elles, de plusieurs irrégularités en droit des marchés publics. (...)

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Et sur "Libé" :

Et toc pour Brice Hortefeux. Le ministre de l’Immigration voulait faire taire la Cimade (service oecuménique d’entraide) en la chassant des centres de rétention administrative (CRA) où elle est la seule association autorisée à entrer pour assister les étrangers en instance d’expulsion. Or, le tribunal administratif de Paris lui a infligé ce mardi matin un sacré camouflet. (...)

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Revue de presse : Sud Ouest du 9 octobre 2008

L'immigration en Dordogne vue par la préfecture.

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samedi, octobre 4 2008

Un peu d'humanité dans un monde de brutes !

Omerta sur les clandestins, par Eva Joly

S'adressant au pape, Nicolas Sarkozy affirmait que "c'est en pensant à la dignité de l'homme que nous affrontons la si délicate question de l'immigration, sujet immense qui demande générosité, respect de la dignité et en même temps prise de responsabilités". Il est temps de lever le voile sur la triste réalité que cachent ces belles paroles.

Depuis vingt-cinq ans, la Cimade porte le regard de la société civile au coeur des centres de rétention français. Cette association avait été approchée par le gouvernement dès la création en 1984 de l'enfermement administratif des étrangers, car son histoire était liée, plus que toute autre, à cette problématique. Au fil des ans, la Cimade s'est adaptée à une législation sans cesse modifiée par les gouvernements successifs, pour exercer tant bien que mal sa mission : la mise en oeuvre de l'exercice effectif du droit des étrangers enfermés.

Depuis 2003 avec l'instauration d'une politique chiffrée des expulsions, la Cimade a dû réagir. Le plus souvent dans l'indifférence générale, elle a tenté d'alerter l'opinion publique sur ce dont elle seule pouvait témoigner : la dégradation considérable de la situation des étrangers "retenus".

Mais aujourd'hui le rôle de cet organisme indépendant est menacé. En effet, cette mission répond à un marché public, qu'à l'occasion de son renouvellement, le gouvernement s'apprête à transformer en profondeur. Désormais, il n'y aura plus sur le territoire français un seul observateur à même de publier des rapports couvrant l'ensemble des sites de rétention, mais une multiplicité d'intervenants locaux.

Plus personne ne sera en mesure de relever les disparités de pratique administrative et judiciaire de la rétention sur le territoire ; et ce d'autant plus que les titulaires de ces marchés seront tenus par une clause de neutralité et de confidentialité. N'importe quelle "personne morale" pourra répondre, de l'organisme parapublic - à l'indépendance très relative à l'égard du gouvernement - à l'entreprise privée. (...)

Source "Le Monde" 4 octobre 2008

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Et chez nos amis britanniques : la nuit de noces de la mariée, le sourire en plus !

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Arrestation de la mariée par la police dans une vague de répression sur l'immigration clandestine.

Des dépenses à éviter, par ces temps de récession et de cadeaux aux banques !

Le budget 2009 prévoit 42 millions d'euros pour les expulsions de sans-papiers

La prévision de crédits pour parvenir à l'objectif de 26 000 reconduites à la frontière d'étrangers en situation irrégulière s'élève à 42 millions d'euros, selon le programme "immigration et asile" du projet de loi de finances 2009, présenté le 26 septembre par le ministre du budget Eric Woerth.

Le texte précise par ailleurs qu'il apparaît qu'avec 17 210 reconduites au 30 juin 2008, l'objectif (de 26 000 reconduites à la frontière) sera dépassé pour l'année. En ce qui concerne les mesures d'éloignement, la prévision de crédits est de 42 millions d'euros, avec 39 millions pour les frais de billetterie (le coût moyen d'un billet étant estimé à 1 500 euros) et 3 millions pour la location d'avions. Le montant moyen d'une expulsion est ainsi évalué à 2 186 euros.

BUDGET EN BAISSE POUR LE MINISTÈRE DE L'IMMIGRATION

Pour la rétention administrative, le montant de la dotation prévue pour 2009 est de 28,8 millions d'euros. A la mi-année, 1 538 places étaient gérées par la police et 434 par la gendarmerie, 2 030 places au total étant prévues pour 2009. Le coût moyen d'une place en rétention est de 38,84 euros par jour.

Par ailleurs, le coût estimé du nouvel appel d'offres lancé par le gouvernement pour les missions d'information et d'assistance juridique dans les centres de rétention est de 15 millions d'euros sur trois ans. Le marché public actuel, souscrit avec l'association Cimade, était, dans la loi de finances 2008, d'un montant de 4,56 millions d'euros, soit 57 790 euros par intervenant de la Cimade.

Le programme "immigration et asile" est globalement doté de 436 millions dans le projet de loi de finances 2009, lequel prévoit une enveloppe globale de 513,8 millions d'euros pour le ministère de l'immigration, soit une forte baisse (de 96,2 millions, - 15,7 %) par rapport à l'année passée, qui avait vu la création du ministère.

Source "Le Monde" 3 octobre 2008

mardi, septembre 30 2008

Le danger du silence : on veut casser le thermomètre !

DÉCRET SUR LES CENTRES DE RÉTENTION

"Une volonté de limiter la capacité d'expression des associations"

Le ministère de l'Immigration a modifié le dispositif d'aide aux étrangers dans les centres de rétention administrative, qui feront désormais l'objet d'un appel d'offres au lieu d'être ouverts uniquement à la Cimade. Ce système d'appel d'offres est-il habituel en matière d'aide sociale ?

- Ce n'est pas forcément habituel mais cela se développe beaucoup dans ce secteur. C'est une logique de marché qui s'installe, contrairement à ce qui se passait précédemment. Avant 2003, la Cimade exerçait son action dans les centres de rétention administrative dans le cadre d'une convention avec l'Etat. A cette date, nous sommes passés à un système de marché public, qui supposait déjà un appel d'offres, pour se mettre en conformité avec une directive européenne. Mais cela n'avait pas entraîné une modification radicale du dispositif, contrairement à ce qui se passe aujourd'hui. Nous dénonçons le nouveau décret qui instaure l'éclatement et l'émiettement des centres en huit lots géographiques, une clause de confidentialité et de neutralité, et un passage d'une mission d'aide à une mission d'information. Il n'est plus possible dans ce cadre d'avoir une action nationale cohérente. (...)

Source : Nouvel observateur.

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mercredi, septembre 24 2008

Cimade : le silence sera la règle !

Gilbert Meynier Lyon, le 21 septembre 2008

Membre de la Cimade Lyon

Cher(e) ami(e),

Je me permets de vous alerter sur une grave mesure que vient de prendre le gouvernement par décret du 20 août 2008 concernant la défense du droit des étrangers en Centres de Rétention administrative (CRA) : ce décret vise, ni plus ni moins, à expulser de ces centres l’association œcuménique d’entre-aide à ancrages protestants qu’est la Cimade – elle assure depuis début 1985 un « accompagnement social », qui a rapidement évolué vers la défense juridique des retenus. La convention qui la charge de cette mission, renouvelée jusqu’alors régulièrement, arrive à échéance fin 2008.

Rappel : la Cimade a été créée en 1939 à l’initiative de mouvements de jeunesse protestants, au départ pour secourir les évacués d’Alsace-Lorraine pendant la drôle de guerre. Son champ d’activité s’est étendu à l’aide aux réfugiés – espagnols, allemands… – en France et aux Juifs pourchassés par le régime de Vichy. Elle a réussi à être présente dans ses camps, comme elle le sera plus tard dans les camps de la guerre de reconquête coloniale à contretemps de 1954-1962, période pendant laquelle elle a plus largement assisté et soutenu les Algériens victimes de cette guerre et luttant pour leur libération. La signification du sigle Cimade est Comité inter mouvements d’aide aux évacués. Aujourd’hui la Cimade se dénomme « Service œcuménique d’entre-aide » ; elle a pour devise « Ici et là-bas solidaires ». Elle travaille en partenariat avec plusieurs associations, notamment en Afrique, qui œuvrent la solidarité sociale, à l’éducation et à la défense des droits de l’Homme. L’évolution historique des vagues migratoires a fait qu’elle s’est de plus en plus vouée en France à l’aide aux étrangers en situation irrégulière. Jusqu’à présent, eu égard à son expérience de près de 70 ans dans la défense des rejetés, de ceux qui ne sont défendus par personne, la Cimade avait été la seule association à répondre à la demande, faite au départ par le ministre Pierre Joxe : il s’agissait en clair, depuis la mise en place en 1984 des CRA, de faire contrepoids, au nom de la société civile, à l’administration par des fonctionnaires de police de ces centres fermés.

Un nouvel appel d’offre public vient d’être lancé en vue du renouvellement de cette convention. Or, le ministère Hortefeux a rajouté dans l’appel d’offres des exigences qui visent clairement la Cimade. Ce sont en particulier : – la division sur le territoire français du marché de la rétention en 8 lots, fragmentant la capacité d’avoir une vision d’ensemble sur la rétention, et mettant fin de ce fait à toute possibilité d’élaborer le rapport annuel de la Cimade sur les CRA, qui fait autorité, tant en France que dans le reste de l’Europe et dans le monde. – l’engagement de « respecter une confidentialité », empêchant désormais, lui aussi, toute action de témoignage sur les CRA telle que la publication annuelle de ce rapport. – la réduction du rôle des intervenants dans les CRA à une fonction d’ « information sur les droits », droits – notamment en matière de recours juridiques – que les étrangers retenus ne pourront désormais exercer que par leurs propres moyens : il s’agit bien de faire disparaître l’aide juridique assurée jusqu’à présent par la Cimade. – l’interdiction faite à deux associations de souscrire conjointement à l’offre publique : ainsi, le Secours catholique et la Cimade, qui parlent d’une même voix et agissent de concert, ne pourront pas postuler ensemble.

A travers la Cimade, ainsi éliminée, et perdant du même coup une grande partie de ses ressources budgétaires, le gouvernement attente à l’action de vigilance citoyenne de la société civile, indispensable à l’exercice de la démocratie : personne ne peut nier la disponibilité, la compétence et le dévouement sans limites de ses équipiers sur le terrain. Peu d’associations, sinon aucune, ne peuvent prétendre aujourd’hui à une telle qualité d’expertise, d’écoute et de réconfort en matière d’aide aux étrangers : ainsi, ce n’est pas pour rien que des membres du Secours catholique sont engagés sur ce terrain sous la bannière de la Cimade. L’objectif clair du gouvernement est de faire évoluer les CRA en centres fermés destinés à accueillir tous les migrants dès leur arrivée sur le territoire français : il sera dès lors impossible de formuler toute demande de régularisation en dehors de ces centres. Et, en cas de refus, l’expulsion n’en sera que plus facilement exécutée.

Nous tenons à vous informer de ces mesures pour le moins inquiétantes : en signifiant à tous ces humains désorientés, qui ont cru trouver dans l’émigration la solution à leur situation désespérée dans leurs pays d’origine, qu’ils seront désormais livrés à eux-mêmes pour leur défense, elles portent atteinte aux droits fondamentaux des migrants. Au surplus, elles portent en germe une aggravation supplémentaire des tensions sociales et intercommunautaires. Nous vous demandons d’intervenir avec tous les moyens dont vous disposez, et de la manière appropriée qui vous semblera la plus efficace, pour empêcher leur application. Et, pour aider la Cimade en ces temps difficiles, toute aide financière serait la bienvenue.

Merci, et cordialement à vous,

Gilbert Meynier

Gilbert Meynier est un historien français né en 1942 à Lyon. Il est actuellement professeur émérite à l’Université Nancy II depuis 2002. C’est un spécialiste de l’histoire de l’Algérie sous la domination française.

vendredi, septembre 12 2008

Position de politiques

Communiqué de Robert Bret, Sénateur des Bouches-du-Rhône (Provence-Alpes-Cote d'Azur).

  • Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées.
  • Secrétaire de la Délégation pour l'Union européenne.
  • Vice-Président du Groupe Communiste Républicain et Citoyen.


Non à l’expulsion de la Cimade des centres de rétention administrative (CRA)

Alors que les lois relatives aux étrangers n’ont jamais été aussi restrictives, alors que la situation dans les CRA n’a jamais été aussi explosive du fait des lois SARKOZY-HORTEFEUX (l’incendie du CRA de Vincennes en juillet dernier en est la démonstration) le Gouvernement vient de publier un décret dont l’objectif est de remettre en cause l’effectivité des droits des étrangers placés en rétention.

En effet, en faisant le choix de multiplier les intervenants au sein des CRA, le Gouvernement souhaite supprimer toute vision d’ensemble de la situation dans ces lieux d’enfermement.

Et en imposant aux futurs intervenants - choisis dans la cadre d’un appel d’offre des marchés publics en 8 « lots » géographiques – un devoir de confidentialité et de neutralité, le Gouvernement à l’intention de faire disparaître la mission qui avait été confiée à la Cimade en 1984 « d’accompagnement et de défense des étrangers ». Or, le rapport publié par la Cimade chaque année permettait d’avoir cette vision locale et globale des CRA et donc de la politique menée par le Gouvernement.

C’est justement cette transparence que le gouvernement entend aujourd’hui faire disparaître.

Et pour rassurer l’opinion publique et donner quelques garanties, le Ministre HORTEFEUX rappelle que « les parlementaires ont le droit de visiter à tout moment les CRA ». Ce qui est vrai, mais fort de mon expérience et pour être un de ces rares parlementaires à m’être rendu régulièrement dans les CRA depuis 10 ans, je n’ai pu exercer ce droit que parce que la Cimade m’alertait sur les atteintes aux droits des étrangers ou sur les mauvaises conditions de rétention.

Aussi, c’est avec la plus grande fermeté que je dénonce ce choix politique du Gouvernement et apporte mon entier soutien à la Cimade.

Marseille, le 9 septembre 2008

jeudi, septembre 11 2008

Que va devenir la CIMADE ? Le coup bas d'HORTEFEUX !

Trouvé sur les blogs du "Monde"

Un coup de Jarnac pour baillonner la défense des étrangers en rétention

A première lecture, la stipulation ne choque pas un spécialiste des marchés publics.

Quoi de plus banal dans un Cahier des clauses techniques particulières (CCTP) que d’exiger du titulaire d’un marché une obligation de confidentialité ?

Quoi de plus banal – et même normal – que d’allotir un marché de 7 million d’euros détenu depuis des années par un seul prestataire afin de permettre à d’autres prestataires d’avoir accès à ce marché ?

Sauf que là il ne s’agit pas d’un marché public comme les autres. Il s’agit de l’appel d’offre passé par le ministère de l’Immigration pour renouveler le marché de « l’information, en vue de l’exercice de leurs droits, des étrangers maintenus dans les centres de rétention administrative ».

Autrement dit, la possibilité d’assurer au sein même dans centres de rétention administrative (CRA) la défense des étrangers éloignés comme le fait la Cimade, par convention ou marché, depuis 1984.

Dans le contexte où elles ont été ont introduites – en contre feu au camouflet infligé par la commission Mazeaud -, ces nouvelles stipulations visent manifestement à évincer la Cimade de certains centres de rétention administrative (CRA) et surtout à la museler (elle ou tout autre prestataire qui serait retenu).

L’avertissement est clair : la sanction en cas de non-respect de l’obligation de confidentialité est radicale: la résiliation unilatérale du contrat « aux torts du titulaire », c’est-à-dire sans indemnité.

Les prises de position de la Cimade agacent le ministre de l’Immigration. Il rêve donc de la transformer en Croix rouge française qui – elle – s’est toujours refusée à cette fonction tribunitienne.

Il souhaiterait voir la Croix rouge française, l’ordre de Malte ou le Secours catholique assurer – discrètement - cette prestation, comme il l’a dit ce 8 septembre 2008 à Nicolas Demorand sur France Inter (...)

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