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Droit et vie privée

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lundi, février 8 2010

A quoi sert le fichage à l'école !

Communiqué du Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE) du 4 février 2010. — Un père de famille de Vezin-le-Coquet près de Rennes a été interpellé à proximité de son domicile, par la Police aux frontières (PAF), le 26 janvier. Cette arrestation a eu lieu cinq jours après l’admission de ses enfants dans Base élèves et alors qu’il n’était dans aucun autre fichier.

La défense, lors de l’audience du 1er février au Tribunal administratif de Rennes, s’est inquiétée que le fichier Base élèves ait pu servir de source de renseignements pour cette arrestation. Le représentant de la Préfecture, devant une salle comble, composée de parents d’élèves, d’enseignants, de membres d’associations et collectifs, ainsi que d’élus, répondait qu’il s’agissait d’une arrestation «fortuite». Mais nul n’aura jamais la réponse. Là est bien le problème concernant l’utilisation des traitements automatiques de données. Les transmissions de renseignements échappent aux directeurs qui ont renseigné Base élèves. Elles peuvent se faire au niveau académique ou au niveau national.

Le Collectif national de résistance à Base élèves (CNRBE) rappelle qu’il demande à ce qu’aucun renseignement nominatif ne sorte des écoles pour éviter toute utilisation abusive de données ou toute suspicion portant sur des inscriptions d’enfants et de leurs proches dans les écoles.

Le CNRBE rappelle aussi que le Comité des Droits de l’Enfant des Nations Unies, dans son rapport du 12 juin 2009 à l’Etat français, se disait préoccupé par « l’utilisation de Base-élèves 1er degré à des fins telles que la détection de la délinquance et des enfants migrants en situation irrégulière, ainsi que par l’insuffisance de dispositions légales propres à prévenir son interconnexion avec les bases de données d’autres administrations ». Le comité « recommande en outre à l’État partie de ne saisir dans les bases de données que des renseignements personnels anonymes et de légiférer sur l’utilisation des données collectées en vue de prévenir une utilisation abusive des informations. »

Tous les enfants, sans aucune discrimination, ont droit à l’éducation. Ils doivent donc pouvoir être inscrits à l’école en toute sérénité.

L’école doit défendre le principe de laïcité qui garantit le respect à la vie privée pour chaque enfant afin de respecter son droit à l’éducation.

Pour éviter que des parents n’inscrivent pas leurs enfants à l’école de peur d’être repérés, aucune donnée nominative ne doit sortir des écoles : on ne fiche pas les enfants et leurs proches !

Le CNRBE appelle toutes les associations amies de l’école à le rejoindre dans cette demande conforme au respect des droits des enfants.

Voir sur le site du CNRBE. [ Voir sur le site de la LDH Toulon.|http://www.ldh-toulon.net/spip.php?article3736|fr]

samedi, janvier 30 2010

Jusqu'à quand faudra-t'il lutter contre l'entreprise de fichage généralisé !

Le CNRBE appelle à une journée d’action le 27 mars 2010

Bobigny, 24 janvier 2010. — Les collectifs départementaux opposés au fichage des enfants se sont retrouvés les 23 et 24 janvier 2010, à Bobigny, pour une troisième rencontre nationale, au cours de laquelle le Collectif national de résistance à base élèves (CNRBE) a réaffirmé ses positions.

Le CNRBE se félicite de l’audience croissante rencontrée par ses positions au sein de la population : plus de 1800 plaintes de parents d’élèves déjà déposées, en collaboration avec les avocats du Syndicat des Avocats de France, auprès de 37 tribunaux de grande instance ; de nouveaux dépôts sont prévus – notamment pour le 19 mai 2010.

Le CNRBE se félicite de l’écoute et de l’attention toujours plus grande dont il bénéficie de la part de parlementaires, d’associations, de syndicats et de mouvements pédagogiques.

Le CNRBE déplore l’absence de prise en considération par le ministère de l’Education nationale des recommandations du Comité des Droits de l’Enfant concernant le fichage des enfants.

Le CNRBE rappelle qu’il est incomprehensible que dans un contexte de débat de société sur le fichage, des Inspecteurs d’Académie puissent poursuivre dans la seule voie des menaces et des sanctions, des enseignants qui respectent les recommandations de la Convention Internationale des Droits de l’Enfant.

Le CNRBE s’inquiète de plusieurs évolutions récentes. Notamment de l’apparition dans la proposition de loi de simplification et d’amélioration de la qualité du droit, d’un article banalisant les échanges d’informations ou de données entre administrations, et également de la création d’un «livret des compétences» (Bulletin Officiel de l’Education Nationale, 7 janvier 2010)

Le CNRBE dénonce avec force une entreprise irrégulière de fichage qui s’appuie sur une immatriculation obligatoire et centralisée des enfants dès l’âge de 3 ans et pour 35 ans créée par la Base Nationale des Identifiants Elèves. Afin que les données relatives aux enfants recueillies dans le cadre de leur scolarité bénéficient d’une véritable protection, le CNRBE demande que les données nominatives des enfants ne sortent pas de l’école.

C’est pourquoi le CNRBE a fixé au samedi 27 mars la date d’une journée nationale d’action contre le fichage des enfants 2, pour demander une vraie protection des données relatives aux enfants recueillies dans le cadre de leur scolarité.

ON NE FICHE PAS NOS ENFANTS !

Le site du CNRBE

vendredi, novembre 27 2009

La force et l'arrêté !

Communiqué du Collectif « Non à EDVIGE »

Paris le 26 novembre 2009

Fichiers de police : un choix opportuniste et malvenu

La Commission des lois de l’Assemblée nationale avait adopté en mars 2009 à l’unanimité, majorité et opposition réunies, une proposition de loi sur les fichiers de police prévoyant le passage obligé par la loi pour toute création de fichiers de police.

Le collectif « NON A EDVIGE », même s’il émettait des réserves, considérait que cette proposition était une avancée intéressante en matière de fonctionnement démocratique.

Entre temps, contrairement à ce qu’il avait annoncé au plus fort de la mobilisation citoyenne, le gouvernement a choisi d’éviter le débat parlementaire en créant le 18 octobre 2009 par décret deux fichiers en remplacement du défunt décret « EDVIGE 1.0 », retiré par le gouvernement en novembre 2008 suite à la mobilisation citoyenne.

Mise au vote à l’Assemblée le 24 novembre dernier, cette proposition de loi a été repoussée par les députés UMP.

Le matin même et en totale contradiction avec leur vote précédent en Commission des lois, les députés UMP, y compris Jacques-Alain BENISTI pourtant co-signataire de la proposition de loi sur les fichiers de police, ont voté en Commission des amendements à une proposition de loi sur la simplification du droit. Ces amendements autorisent la création de fichiers par simple arrêté gouvernemental, confirmant la volonté de la majorité présidentielle d’enterrer définitivement la promesse de faire passer par la loi la création de tout nouveau fichier de police.

Le Collectif « Non à EDVIGE » dénonce et condamne avec force ces procédés contraires à un processus démocratique normal.

http://www.nonaedvige.sgdg.org

jeudi, novembre 19 2009

La corde pour nous pendre !

Communiqué de presse du SM :

Récidive criminelle : bienvenue dans « le meilleur des mondes »…

L’Assemblée nationale s’apprête à examiner, les 17 et 18 novembre prochain, le projet de loi tendant à « amoindrir le risque de récidive criminelle ». Initialement inspiré du rapport du premier président de la Cour de cassation, ce projet a été totalement remanié après l’arrestation de l’agresseur de Marie-Christine Hodeau. Examiné désormais en urgence, ce projet de loi se présente sous une forme très technique et apparaît donc quasiment illisible pour ceux qui ne sont pas au fait de la législation pénale en matière d’exécution des peines.

Pourtant, ce texte comporte des dispositions tellement attentatoires à nos principes démocratiques qu’il exige un vrai débat public.

Quatrième loi sur la récidive en à peine 4 ans, ce projet s’inscrit dans une surenchère répressive qui emprunte aux nostalgiques de la peine de mort leur philosophie obscurantiste et repose sur le postulat que le délinquant restera, quoiqu’il advienne, un « homme dangereux » qu’il faut donc surveiller et contraindre sa vie durant.

Peu importe que cette doctrine ait déjà démontré son inefficacité en terme de lutte contre la délinquance – laquelle, selon les statistiques officielles, ne cesse d’augmenter ces dernières années malgré un dispositif répressif sans égal - il s’agit de poursuivre une politique aveugle qui réduit le délinquant à son acte et lui conteste toute capacité réelle d’évolution.

Peu importe que la notion même de dangerosité ne soit pas réellement définie et puisse donc être l’objet de tous les arbitraires, il s’agit, en son nom, de restreindre le champ des libertés pour s’inscrire dans une logique de sûreté et donc de méfiance généralisée envers tous ceux qui, un jour, ont enfreint la loi.

A peine votée, la loi sur la rétention de sûreté de février 2008 est ainsi élargie puisque le seuil permettant d’y recourir est abaissé. Le projet prévoit également de généraliser le recours à la « castration chimique », y compris pour les condamnés qui n’ont jamais commis d’infraction sexuelle ! Il foule aux pieds le secret médical, pierre angulaire de la relation de soins, en prévoyant pour le médecin traitant une obligation de dénonciation au juge.

Dans une démarche de défiance vis à vis du juge, les concepteurs du texte n’hésitent pas à accorder au parquet des pouvoirs exorbitants comme celui de délivrer des mandats en lieu et place du juge qui n’aurait pas juger utile d’y recourir.

Un condamné pourra également être retenu « le temps nécessaire », sans statut et sans droits, lorsqu’il n’aura pas respecté une mesure de surveillance de sûreté.

Les mesures de surveillance sont multipliées sans limite et sans fondement puisque l’on va jusqu’à prévoir, après une libération conditionnelle réussie, la possibilité de placer sous surveillance de sûreté et donc possiblement en rétention de sûreté, un individu réinséré...

On balaie en somme d’importants principes de l’Etat de droit au nom d’une « guerre » contre la dangerosité dont personne n’est en réalité capable de définir les contours.

Mais, le texte ne s’arrête pas là. Poursuivant dans cette idéologie de la méfiance, il resserre l’étau contre tous ceux qui ont eu un jour affaire à la justice. Il prévoit ainsi de soumettre au prélèvement génétique les personnes dispensées de peine par le tribunal. Grâce au vieil adage selon lequel il n’y a pas de fumée sans feu, il s’agit donc d’étendre inconsidérément le fichage : le fait de comparaître une fois en justice pour des faits si mineurs qu’ils n’entraînent pas de condamnation serait malgré tout l’indice d’une dangerosité à de surveiller…

En démocratie, la fin justifie-t-elle les moyens ? Est-on prêt à tant de sacrifices pour nos libertés au nom d’une lutte contre la récidive qui sera de toute façon illusoire tant la prévention ne peut se résumer à la surveillance et au contrôle médical ?

Croit-on vraiment que c’est par un simple traitement de « castration chimique » que l’on combattra la délinquance sexuelle ? Le courage politique consisterait à admettre qu’en matière de réadaptation il n’existe pas de réponse miracle, que la peine doit avoir un terme pour permettre au condamné réinséré de ne plus être systématiquement ramené à son acte, que la lutte contre la récidive dépend avant tout des moyens donnés en milieu ouvert comme en prison pour permettre une prise en charge éducative, sociale et éventuellement médicale, utile à l’individu comme à la société. De ce débat pourtant essentiel, il ne sera évidemment pas question. La frénésie sécuritaire emporte tout sur son passage et notamment notre capacité à penser sereinement. Dans l’esprit de nos gouvernants, il faut « surveiller et punir » en instrumentalisant la souffrance des victimes. Cet engrenage infernal est sans fin. Parions que le prochain fait divers constituera une nouvelle occasion pour durcir le dispositif. La prédictivité de la dangerosité étant impossible, c’est finalement toute la population qu’il faudra surveiller et contrôler. Nos gouvernants ne rêvent-ils pas d’une société où la vidéo surveillance serait généralisée afin d’épier chacun et éviter un potentiel passage à l’acte, où le prélèvement ADN se ferait à la naissance pour être certains d’avoir dès l’origine fiché le délinquant à venir, où nos moindre faits et gestes seraient répertoriés dans un fichier ad hoc ?

Le Syndicat de la magistrature dénonce cette société orwellienne que l’on nous prépare. Il s’insurge contre ce nouveau projet de loi qui, au prétexte de lutter contre la récidive, tourne le dos à l’humanité au profit d’une croyance dans le « criminel né » qui a tant inspiré l’idéologie fasciste.

Il appelle tous les démocrates à engager le débat et à s’opposer à ce cauchemar obscurantiste.

Paris, le 12 novembre 2009

dimanche, octobre 18 2009

Quand la dérogation devient la règle !

Les décrets de création des deux fichiers de Brice sont parus au J.O aujourd'hui. Le "politiquement correct" a joué ! Ce ne sont plus des fichiers mais des bases de données !!!

D'autre part, cela va plus loin que ce que disent les médias (bandes, ...). Quid des manifestations syndicales ou politiques ? Quid des recherches d'emploi dans (ou en lien) avec la fonction publique ?

Extrait du décret no 2009-1249 : «Art. 1er. − Le ministre de l’intérieur est autorisé à mettre en oeuvre un traitement de données à caractère personnel, intitulé « Prévention des atteintes à la sécurité publique », ayant pour finalité de recueillir, de conserver et d’analyser les informations qui concernent des personnes dont l’activité individuelle ou collective indique qu’elles peuvent porter atteinte à la sécurité publique.
Ce traitement a notamment pour finalité de recueillir, de conserver et d’analyser les informations qui concernent les personnes susceptibles d’être impliquées dans des actions de violence collectives, en particulier en milieu urbain ou à l’occasion de manifestations sportives.»

Lu sur France Info ce jour 18 octobre 2009. Un article de Julie Koch.

Les deux successeurs d’Edvige mis à nu

Que prévoient exactement les deux fichiers de renseignement, dont les décrets ont été publiés aujourd’hui au Journal Officiel ? Déshabillage de ces petits nouveaux, qui ont pour mission de faire oublier la très controversée Edvige.

Qui sont les successeurs d’Edvige ?

La première base de données est consacrée à la " prévention des atteintes à la sécurité publique " (PASP) et cible surtout les bandes, les hooligans et les groupuscules. La seconde, relative aux "enquêtes administratives liées à la sécurité publique " (EASP) s’intéresse de près aux postulants à un emploi dans la police, la gendarmerie ou les secteurs sensibles comme les centrales nucléaires.

Vrais ou faux petits frères d’Edvige ?

" Tout ce qui posait problème dans Edvige a été retiré ", a d’emblée annoncé Brice Hortefeux. Finis donc les recensements de personnalités, d’opinions, de problèmes médicaux ou d’orientation sexuelles. Exit l’interconnexion avec d’autres fichiers et bonjour le droit à l’oubli. "Toutes les garanties sont apportées pour respecter les libertés ", a précisé le ministre, ajoutant que la Commission nationale de l’information et des libertés (CNIL) et le Conseil d’Etat ont donné leur aval. Mais à y regarder de plus près, le fantôme d’Edvige n’est pas loin. Des dérogations autorisent à renseigner des signes physiques particuliers comme les tatouages, cicatrices et couleur de cheveux. L’origine géographique, l’appartenance à un quartier ou les activités politiques, religieuses et syndicales pourront de même y figurer, toujours sur dérogation.

Quelles sont les informations archivées ?

En plus de l’adresse, la nationalité ou l’état civil, la PASP recense les déplacements, les activités publiques, les comportements suspects et même l’identité des proches de l’intéressé. On pourra aussi trouver dans les EASP photos et numéros de téléphone.

Les mineurs pourront-ils y figurer ?

Dès 13 ans, les mineurs pourront être inscrits dans la PASP et dès 16 ans, s’ils ont fait l’objet d’une enquête administrative, dans les EASP.

Est-on fichés à vie dans ces bases de données ?

L’inscription dans la PASP sera automatiquement supprimée trois ans après le dernier événement qui a donné lieu à l’enregistrement pour les mineurs et dix ans après pour les majeurs. Dans les EASP, la suppression interviendra cinq ans après l’enregistrement, quelque soit le résultat de l’enquête.

Qui aura accès à ces bases de données ?

L’accès sera " limité, contrôlé et archivé ", selon le ministère de l’Intérieur. Seuls les policiers qui relèvent de la Sous direction de l’information générale (SIDGE) et des services de renseignement de la préfecture de police pourront les consulter et les alimenter. Cependant, des dérogations " au cas par cas " permettront à d’autres agents d’y avoir accès. L’identité de chaque consultant sera systématiquement enregistrée pour permettre une traçabilité.

Reste-il encore des incertitudes ?

On ne sait pas encore si l’information économique et sociale ou les mentions de permis de séjour et de naturalisation y figureront. Quant aux anciens fichiers, ils attendent toujours d’être détruits.

Ces deux décrets ont été signés par Brice le 16 octobre, jour de la sainte Edwige !

Décret 1

Décret 2

Liste des emplois concernés

mercredi, octobre 14 2009

Ubu roi chez les tatillons !

Tatiana de Rosnay rejoint les radiés de la Nation Par Hubert Artus | Rue89 | 14/10/2009 | 13H51

Une administration tatillonne prive de passeport des Français de plein droit. Témoignage de la romancière Tatiana de Rosnay.

Il y a l'exemple de Marlene S., révélé par Marianne en juillet. Il y a l'exemple du para français Ounoussou Guissé, révélé lundi par Libération. Il y a des exemples de plus en plus nombreux. Comme celui Tatiana de Rosnay. Car, depuis que la famille Ionesco trouva refuge en France, l'absurde est aussi une valeur nationale. La France, pays de Ionesco et d'Hortefeux

Pensez donc. Une « de ». Un père (Joël de Rosnay), scientifique de renommée mondiale et décoré de la Légion d'honneur. Un patronyme célèbre. Une naissance à Neuilly-sur-Seine. Une carrière de romancière et de reporter connue et primée, une vie tranquille à Paris avec époux et deux grands enfants. A priori, Tatiana de Rosnay n'a de problèmes ni dans la vie ni dans les papiers.

Mais l'absurde, c'est pour tout le monde. La loi, pareil. D'ailleurs, c'est la première chose que dit Tatiana de Rosnay :

« Ce qui m'arrive peut arriver à tout le monde. Mon cas touche de plus en plus de gens, sans que cela se sache. »

Tatiana de Rosnay est née en 1961. Son père est un Français né à l'île Maurice. Sa mère est une Anglaise née à Rome. Devenue Française lors du mariage en 1959, à Paris. Les deux grands-parents maternels sont Anglais. Le grand-père paternel est un Français lui aussi né à Maurice, la grand-mère maternelle est une Russe devenue elle aussi Française par mariage. Du principe de réalité…

Tout a commencé fin septembre, lorsqu'elle se rend à la mairie du XIVe arrondissement, pour renouveler son passeport afin de partir aux Etats-Unis. Et assister au tournage du film tiré de son roman « Elle s'appelait Sarah », où joue entre autre Kirstin Scott Thomas. (...)

Lire la suite sur "Rue 89".

Voir aussi : Renié par la nation (Libé) et Ubu sous-préfet d’Antony (Marianne)

jeudi, septembre 17 2009

La politesse des rois !

Trouvé sur "L'humanité" du 17 septembre 2009.

Robocop aux Mureaux

Hier matin, à 6h25, la paisible famille Seck a été sortie du lit par les forces de police. Certains membres de la maisonnée ont été menottés, chacun a été isolé… Avant que les pandores, un quart d’heure plus tard, libèrent tout le monde et s’en aillent comme ils étaient venus. Sans un mot d’explication.

Mardi 15 septembre, 6H25. Au 12, allée Georges Bizet, aux Mureaux (Yvelines), au quatrième étage, une déflagration. La police perquisitionne au domicile de la famille Seck. La serrure de la porte saute, la porte est enfoncée. Une dizaine de policiers s’engouffrent dans l’appartement et se précipitent vers les chambres. La première personne appréhendée est la sœur aînée, Ramat, âgée de 23 ans. Elle est jetée sur le lit, sur le ventre, et contrainte de mettre les mains sur la tête. Dans la chambre parentale, les policiers tombent sur Fatimata, la maman, qui est sortie sans même avoir le temps de se couvrir.

Aïssata, réveillée par le vacarme, sort de son lit. Elle est poussée sans ménagement dans la salle de bain où on lui intime l’ordre de ne pas tenter d’en sortir. Yéro, le petit frère, lycéen de 16 ans, est jeté au sol et menotté. Dans ce tohu-bohu, Aïssata tente d’en savoir plus, de comprendre. Elle demande à parler au responsable de cette opération afin d’obtenir des informations. Mais les policiers arpentent l’appartement en tous sens, tenant chacun des membres de la famille isolé dans une pièce. Pas un gradé pour répondre aux sollicitations d’Aïssata.

Enfin, les forces de l’ordre demandent une pièce d’identité. Et, là, se rendent compte de leur méprise : l’homme qu’il cherche, noir de peau comme les Seck, n’habite plus la cité depuis environ quatre ans. Et son appartement était au premier étage ! Pas du tout penauds, les policiers libèrent tout le monde et sortent, sans même un mot pour ceux qui viennent de vivre une situation traumatisante. Pas d’excuse non plus pour la porte et la serrure cassées, pour l’appartement laissé sens dessus dessous.

Le 4 octobre 2006, la police avait organisé une opération matinale très médiatisée dans cette cité des musiciens, forçant au petit bonheur la chance les portes pour repartir bredouille évidemment. Une manifestation avait dénoncée cette opération médiatico-policière. La famille Seck a décidé, elle aussi, de ne pas laisser passer. Surtout pour le jeune adolescent, Yéro, qui se remet difficilement d’un tel choc. Et pour les voisins asiatiques dont les policiers ont défoncé la porte, par erreur, avant de casser celle des Seck.

Dany Stive

Source.

jeudi, septembre 10 2009

Dormez tranquilles braves gens !

A lire sur le site "bakchich.info"

Le rapport Léger ou la boîte de Pandore

Le rapport Léger qui préconise la mort du juge d’instruction et le transfert de son pouvoir d’enquête au Parquet suscite la polémique. Paroles d’un avocat à la Cour de Paris.

Le Comité LEGER a rempli la mission principale qui lui avait été assignée : promouvoir un système de procédure pénale qui consacre la montée en puissance du Parquet au stade de l’enquête, et réduire le dernier bastion de résistance que constitue le Juge d’Instruction.

La Commission d’Enquête dite d’Outreau n’avait pas conclu à sa disparition, contrairement aux attentes de ceux qui espéraient que cette affaire allait conduire à la fin du modèle d’instruction à la française.

Les Parlementaires venus d’horizons politiques différents concluaient, en effet, au maintien de l’instruction et réaffirmaient les « vertus de la collégialité et du contradictoire ».

Ils soulignaient, en outre, que le « passage à un système accusatoire exige de transformer le statut des magistrats du parquet afin de les rendre totalement indépendants du pouvoir exécutif » estimant enfin, que le passage d’un système judiciaire (l’inquisitoire) à l’autre (l’accusatoire) semble particulièrement hasardeux, voir périlleux à l’exemple de l’Italie.

Il avait été formulé 80 propositions et certaines seront mises en œuvre dans la loi votée le 5 mars 2007.

Le Juge d’instruction, élément gênant pour l’Exécutif

Pour autant, le Juge d’instruction, Magistrat indépendant en charge des affaires criminelles et des dossiers les plus importants, restait un gêneur aux yeux de certains.

La Commission LEGER estime pour sa part, que la procédure d’instruction « n’est plus adaptée à notre temps », et fait l’apologie du Parquet, le « mieux adapté à ce travail d’enquête en équipe ».

Mais aucune réflexion sérieuse n’a été menée sur la question de son indépendance et resterait au contraire, maintenu son statut actuel de soumission à l’exécutif, par le biais de la hiérarchie, sous l’autorité du Garde des Sceaux.

Le Procureur deviendrait le seul directeur d’enquête dans le cadre d’une procédure unique sous son autorité ; on confie donc à une partie au procès, l’accusation, le soin de mener l’enquête et in fine, le soin de décider du sort de ceux qui sont poursuivis. (...)

La suite de l'article sur "bakchich.info".

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