COMMUNIQUE APRES LA CONFIRMATION DE LA SANCTION DU BLAME PAR LA CHAMBRE DISCIPLINAIRE NATIONALE DE L’ORDRE DES MEDECINS
Dr. Francis REMARK – 15 juillet 2008
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mercredi, juillet 16 2008
Par Jean le mercredi, juillet 16 2008, 08:58
COMMUNIQUE APRES LA CONFIRMATION DE LA SANCTION DU BLAME PAR LA CHAMBRE DISCIPLINAIRE NATIONALE DE L’ORDRE DES MEDECINS
Dr. Francis REMARK – 15 juillet 2008
dimanche, juin 15 2008
Par Jean le dimanche, juin 15 2008, 11:49
LA SUITE DE L'ARRESTATION D'IDAJET à Périgueux
* RASSEMBLEMENT pour les étrangers malades * PHOTO DE LUTTE DES INNOMBRABLES * MERCREDI 18 JUIN - Préfecture de Périgueux - 17h.
Bonjour, Idajet KODRA, sans papier, en suivi médical en France, titulaire d'un contrat de travail, a été arrêté hier matin dans la rue. Vous avez reçu le message vous appelant à venir devant le commissariat. Voici la suite de cette triste et honteuse histoire racontée par Jean-Michel
16h. Le grand chef de la police, fils et petits fils de paysans et de résistants, demande qui veut le suivre pour rencontrer Idajet KODRA. Chose promise, chose due, il nous avait dit qu'il ferait son possible pour que l'un de nous puisse lui parler. N'est-ce pas un homme de parole?
Je me porte volontaire et m'apprête à le suivre dans le commissariat… mais non, c'est vers une voiture banalisée que nous nous dirigeons. Et notre chef de la police tout heureux de nous dire qu'il avait évacué Idajet entre 12h et 14h, à notre barbe. Après une profonde inspiration, je monte donc et nous voilà partis sur la 89. Nous dépassons le petit château à la sortie de Boulazac et nous nous garons sur une portion de vieille route parallèle à la nationale, juste avant le panneau signalant le radar.
"Polaire appelle étoile, répondez"
Je suis dans un mauvais film de série B. Il tonne et pleut à verse. L'aimable chef n'arrête pas de parler pour établir un contact…
Après une attente d'une vingtaine de minutes, une seconde voiture vient se garer derrière nous et je vois Idayet quelques minutes. Il a l'air perdu, demande s'il peut retourner chez lui, à Périgueux pour régler ses affaires, en récupérer, et puis il repartira tranquillement en Albanie, avec sa voiture, puisque c'est ce qu'on lui demande. Je l'assure de notre soutien, de celui de la CIMADE avec laquelle on prendra contact à Toulouse, puisque c'est sa destination. Je lui dis d'avoir du courage, mais il n'est déjà plus là. Il est dans cette zone de transit, de vide. Entre la vie qu'il était en train de reconstruire, en France, et la vie future, difficile, dans un pays qu'il ne reconnaît plus tout à fait comme le sien.
Le retour à Périgueux se fait dans le silence, ponctué, par le grand chef, de considérations sur la circulation, sur le temps.
Il y a une toute petite chance pour que l'avocat d'Idajet puisse faire aboutir une requête au Tribunal administratif, mais elle me paraît bien faible.
Voilà où nous en sommes avec les non renouvellements de cartes d'étrangers malades. Du traitement à mesures variables. Un coup, je te donne un récépissé de 3 mois, une promesse de carte, mais on ne sait pas laquelle. Un coup, je ne te réponds pas, on n'a pas le temps. Un coup, je t'expulse! Faut faire du chiffre!
Tout cela nous allons à nouveau le dénoncer à la préfecture le 18 juin à 17h
Pour trois raisons :
1. Nous voulons à nouveau évoquer les droits des étrangers malades.
2. Nous voulons prendre une photo de groupe où se retrouveront les signataires du manifeste des innombrables et toutes les personnes qui ne sont pas d'accord avec la politique honteuse et dégradante mise en place à l'égard des étrangers.
3. Nous voulons manifester avec RESF, sur l'ensemble du territoire notre honte devant la directive européenne qui va être votée ce jour là pour renforcer la répression vis à vis des sans papiers.
Jean-Michel CHERBERO
mercredi, juin 4 2008
Par Jean le mercredi, juin 4 2008, 21:20
L'immigration n'est pas un problème, c'est une solution
Et pourtant la chasse est ouverte, un nouveau gibier: le travailleur migrant précarisé.
La préfecture de la Dordogne ne délivre plus de renouvellement de cartes «étrangers malades» aux travailleurs étrangers venus en France. Ils deviennent donc clandestins alors qu’ils travaillaient régulièrement et s’intégraient dans notre département en payant leurs impôts et leurs cotisations.
Adem, Agron, Astrit, Idajet, Menouar… ont tous des histoires de vie différentes, mais le processus administratif est le même. Ils viennent d’Albanie, d’Algérie, du Kosovo...A leur arrivée en France, ils ont demandé le statut de réfugié politique qui leur a été refusé par l’Office de Protection des Réfugiés et Apatrides. Les situations de souffrances traumatiques étaient telles qu’ils ont eu besoin de soins. Ils ont ainsi obtenu des cartes de séjour «étrangers malades» avec autorisation de travailler ce qui non seulement leur permettait, d’être dans de meilleures conditions de traitement, mais aussi d’assurer leur subsistance.
Ces titres de séjour, même s’ils étaient d’une durée limitée, ont permis à ces personnes de commencer à se restructurer et d’envisager une nouvelle vie en Dordogne.
Aujourd’hui tout s’écroule pour eux. Ils se retrouvent subitement sans possibilités de travailler (sauf illégalement), se retrouvent sans ressources et sont recherchés par la police pour être expulsés.
Des étrangers continueront de venir travailler en France, c’est déjà le cas avec des ressortissants européens embauchés par des agences d’intérim. Ceci dans des conditions de précarité et d’exploitation maximales pour des profits maximaux.
Le gouvernement et son patron le MEDEF ont inventé l’idée du travailleur jetable. Non les travailleurs immigrés ne grossissent pas les chiffres du chômage.
Le gouvernement et son patron le MEDEF feraient mieux de s’inquiéter de l’avenir proche du pays.
mercredi, mai 28 2008
Par Jean le mercredi, mai 28 2008, 07:21
La section de Périgueux de la Ligue des Droits de l’Homme, le Réseau Éducation Sans Frontières 24 et le Comité d’Action pour les Soins et la Protection des Etrangers Réfugiés (CASPER) vous invitent à la
à LA RÉFLEXION ÉTHIQUE - à LA CONNAISSANCE du FONCTIONNEMENT PSYCHIQUE individuel et social – et à LA COMPREHENSION DE LA VIOLENCE
“ NOUS AVONS BESOIN DE L’AUTRE,DE L’ÉTRANGER ”
par le Docteur Christian LACHAL
Médecin psychiatre, psychanalyste, consultant international pour Médecins sans Frontières, enseignant en psychiatrie transculturelle à l’Université Paris 13, rédacteur de la revue L’autre. Après son intervention, Christian LACHAL échangera avec le public et une table ronde composée des docteurs :
Evelyne DROMER, Médecin anesthésiste ayant effectué une mission en Bosnie,
Jean-Louis CAZE, Médecin psychiatre,
Francis REMARK, Médecin psychiatre,
et d’un(e) représentant(e) de la LDH,
et d’un(e) représentant(e) de RESF 24.
(entrée libre)
mardi, mai 27 2008
Par Jean le mardi, mai 27 2008, 08:12
Des médecins veulent que les étrangers réfugiés aient droits aux soins. Les attaques contre ces médecins (information sur http://pagesperso-orange.fr/mitsou2ba/blogboy/ pour le Docteur LACHAL et ldh-perigueux.blogspot.com/ pour le Docteur REMARK) sont une occasion de défendre la réalité des atteintes psychiques des réfugiés, et la valeur des contenus et de la pertinence de la psychiatrie humanitaire.
En référence à FREUD qui disait déjà en 1907 que face aux tenants de l’obscurantisme, il faut éviter les polémiques, mais plutôt choisir « d’aller de l’avant et de travailler ... et de laisser la fertilité de nos idées agir contre la stérilité des idées que nous combattons », nous vous invitons à vous intéresser à la cause des souffrances psychiques des étrangers.
L’objectif de cette soirée est de maintenir ouvert la réalité de la clinique, clinique de situations de différence culturelle, de situations d’exils, de situations de séparations et de pertes, de situations de vécus et de suites de violences, de situations d’incompréhension de l’autre.
L’intérêt sera en particulier de relever ce que la différence de culture et l’inégalité de reconnaissance des cultures font changer dans la clinique, dans le transfert et le contre-transfert, (certains disent que le thérapeute doit dire cette inégalité, voire sa place dans le désir d’aider), et dans l’éthique. En effet, « nous ne naissons pas égaux; nous devenons égaux en tant que membres d’un groupe, en vertu de notre décision de nous garantir mutuellement des droits égaux » écrivait Hannah ARENDT, et : « cette approche passe par une décision au nom du droit humanitaire » écrit Christian LACHAL.
De plus, la différence des cultures ouvre, à coté des différences des sexes et des générations qui sont des sources à l’altérité à l’intérieur de l’humain, une différenciation sociale qui articule l’individuel et le groupe.
Trois choses donc déjà, qu’apporte la psychiatrie humanitaire : un renouvellement de la clinique du traumatisme psychique, un développement de la compréhension de l’autre pour nous et en nous, et une pratique d’engagement des questions éthiques.
Dr. F. REMARK
Bibliographie sommaire du Docteur Christian LACHAL :
- Comprendre et soigner le trauma en situation humanitaire. avec Lisa OUSS-RYNGAERT, Marie Rose MORO, et al. DUNOD, 2003.
- Le partage du traumatisme : contre transferts avec les patients traumatisés – Bibliothèque de L’autre, éd. La pensée sauvage.
- Bébés et traumas de T. Baudet, C. Lachal, Lisa Ouss-Ryngaert, et MR Moro, éd. La pensée sauvage.
- Nombreux articles dans la revue L’autre. (www.clinique-transculturelle.org)
N°1 : Le comportement de privation hostile, N°5 : Le Sud..., N°20 : Les enfants qui jouent sont des dieux, N°23 : Un objet politique : l’identité en construction, etc.
vendredi, mai 16 2008
Par Jean le vendredi, mai 16 2008, 19:08
Par Jean le vendredi, mai 16 2008, 19:08
La pétition de soutien au docteur Francis Remark est mise en ligne. Cette pétition sera adressée au Conseil National de l'Ordre des médecins.
Ci dessous, le texte à signer :
JUGEMENT EN APPEL, Á LA CHAMBRE DISCIPLINAIRE NATIONALE DE L’ORDRE DES MÉDECINS, D’UN MÉDECIN QUI DÉFEND LE DROIT AUX SOINS DES RÉFUGIÉS ÉTRANGERS
LE MERCREDI 11 JUIN 2008 à 9h15 au siège du Conseil national 180 boulevard Haussmann – 75008 PARIS
POUR AVOIR VOULU DÉFENDRE LE DROIT AUX SOINS ET À LA PROTECTION D’UN DE SES PATIENTS ÉTRANGER RÉFUGIÉ, UN MÉDECIN PSYCHIATRE EST DÉNONCÉ PAR LE CONSEIL DE L’ORDRE
Le Docteur Francis REMARK exerce en libéral et il est également Directeur Médical du Centre Médico Psycho Pédagogique de Périgueux. Dans son activité libérale, il reçoit des étrangers réfugiés souffrant de pathologies liées à des violences subies dans leurs pays d’origine. Un de ses patients réfugié s’est vu refuser par la préfecture la possibilité d’accès à un dossier pour que soit examiné son droit au statut d’étranger malade. Après avoir sollicité en vain la préfecture, la DDASS et le Conseil de l’Ordre des Médecins, le Dr F. REMARK a adressé à une cinquantaine de ses confrères, sous le couvert du secret médical et, bien sûr, avec l’accord de son patient, un compte-rendu clinique de façon à organiser par une pétition une pression sur les services de la préfecture.
Sur plainte du Conseil départemental de l’Ordre des Médecins de la Dordogne, la Chambre Régionale Disciplinaire d’Aquitaine a prononcé la peine du blâme contre le Dr F. REMARK, pour avoir par cette action de communication violé selon elle le secret médical, alors que l’article R.4127-4 du code de la santé publique est bien « institué dans l’intérêt des patients », et que ce patient a ensuite été reconnu comme « étranger malade ».
Aussi, nous estimons que la communication d’éléments médicaux, à des confrères soumis au secret médical, pour soutenir les droits aux soins et à la protection que les services de l’Etat ont voulu refuser à un sans papiers, n’est pas une violation du secret médical mais un moyen médical respectueux de la dignité d’un étranger malade, et nécessaire pour obtenir une protection et la garantie des soins nécessaires à une situation médicale reconnue.
Nous, militants de la cause des demandeurs d’asile, refusons le sort trop souvent réservé en France à celles et ceux qui ont fui leurs pays, abandonnant tout ce qu’ils possédaient, laissant leurs familles proches ou amis derrière eux, à cause de la violence, de la misère, ou de toutes autres causes propre aux pays qui n’ont aucun respect pour les droits de l’homme. Toutes les associations de soins pour les étrangers réfugiés expriment leurs profondes inquiétudes ou réprobations quand aux manques de moyens de soins psychiques nécessaires et aux manques de reconnaissance de ces souffrances profondes.
De trop nombreux étrangers sont expulsés, ce qui représente pur eux un risque de mort. De trop nombreux militants font aujourd’hui les frais d’une répression de la part d’un gouvernement qui n’a d’autres objectifs que le chiffre des expulsions et le silence de celles et ceux qui s’y opposent. Que le Conseil de l'Ordre des médecins participe à cette répression est encore plus insupportable.
C'est pourquoi nous vous proposons de signer la pétition ci-dessous qui sera remise au Conseil National de l'Ordre des médecins.
« Nous, soussignés, affirmons que :
La défense des droits aux soins et à la protection des étrangers réfugiés fait partie de la défense des droits de tous les étrangers. Elle fait aussi partie de la défense des droits de tous les sujets qui nécessitent des soins dans la solidarité, le respect et la prise en compte de toutes les situations.
Nous soutenons la démarche courageuse du Dr Francis Remark pour défendre le droit d’accès aux soins et la protection des étrangers demandeurs d’asile.
Nous vous demandons d'intervenir auprès de Monsieur le Ministre de l’Immigration et de l’Identité Nationale afin de protester pour qu'il mette un terme à l’obstruction à l’accès aux soins pour tous les demandeurs d’asile. »
jeudi, mai 8 2008
Par Jean le jeudi, mai 8 2008, 18:47
JUGEMENT EN APPEL, Á LA CHAMBRE DISCIPLINAIRE NATIONALE DE L’ORDRE DES MEDECINS, D’UN MÉDECIN QUI DÉFEND LE DROIT AUX SOINS DES RÉFUGIÉS ÉTRANGERS
LE MERCREDI 11 JUIN 2008 à 9h15 au siège du Conseil national 180 boulevard Haussmann – 75008 PARIS
Si un médecin est témoin dans un lieu public d’un malaise d’une personne, et que suspectant un infarctus, il déclare en public ce diagnostic de façon à mobiliser des aides, on ne l’accusera pas de violer le secret médical si sa communication a permis les soins nécessaires.
Aussi, j’estime que la communication d’éléments médicaux, à des confrères soumis au secret médical, pour soutenir les droits aux soins et à la protection que les services de l’Etat ont voulu refuser à un sans papiers, n’est pas une violation du secret médical mais un moyen médical respectueux de la dignité d’un étranger malade, et nécessaire pour obtenir une protection et la garantie des soins nécessaires à une situation médicale reconnue.
C’est pourquoi je fais appel de la décision de la Chambre Régionale Disciplinaire d’Aquitaine qui m’a infligé la peine du blâme pour avoir par cette action de communication violé selon elle le secret médical. En réalité, par cette action, entreprise avec l’accord de mon patient, par la lutte pour le respect des droits médicaux des étrangers, et avec l’aide de militants de défense des Sans Papiers, j’ai voulu obtenir et ai fait obtenir à mon patient la reconnaissance du droit légitime de séjour en France pour y être protégé et soigné.
Selon la Chambre Régionale Disciplinaire d’Aquitaine, j’aurais du dire à mon patient que je ne pouvais rien pour lui, qu’il devait être expulsé dans son pays où son état de santé s’aggraverait car l’article R.4127-4 du code de la santé publique m’imposait le silence, étant précisé que cet article dit qu’il est « institué dans l’intérêt des patients ». Je ne veux pas exercer ma fonction de médecin avec une telle interprétation de la déontologie.
En effet, la psychiatrie humanitaire est une psychiatrie d’engagement, et une psychiatrie d’engagement éthique. Elle n’est pas une action contre le pouvoir, elle est une action pour le devoir envers l’autre vulnérable.
Je suis largement soutenu, la pétition sur les sites de la LDH et de RESF 24 a obtenu plus de 2000 signatures. Sur ce conflit, je me suis présenté aux élections du Conseil départemental de l’Ordre des Médecins de la Dordogne, et j’ai été élu par mes pairs.
Docteur Francis Remark, Médecin psychiatre à Périgueux
Les textes explicatifs de ce conflit sont disponibles sur le site : http://ldh-perigueux.blogspot.com/2008/04/francis-remark-mmoire-pour-lappel.html