LA SUITE DE L'ARRESTATION D'IDAJET
Par Jean le dimanche, juin 15 2008, 11:49 - Soins aux étrangers - Lien permanent
LA SUITE DE L'ARRESTATION D'IDAJET à Périgueux
* RASSEMBLEMENT pour les étrangers malades * PHOTO DE LUTTE DES INNOMBRABLES * MERCREDI 18 JUIN - Préfecture de Périgueux - 17h.
Bonjour, Idajet KODRA, sans papier, en suivi médical en France, titulaire d'un contrat de travail, a été arrêté hier matin dans la rue. Vous avez reçu le message vous appelant à venir devant le commissariat. Voici la suite de cette triste et honteuse histoire racontée par Jean-Michel
16h. Le grand chef de la police, fils et petits fils de paysans et de résistants, demande qui veut le suivre pour rencontrer Idajet KODRA. Chose promise, chose due, il nous avait dit qu'il ferait son possible pour que l'un de nous puisse lui parler. N'est-ce pas un homme de parole?
Je me porte volontaire et m'apprête à le suivre dans le commissariat… mais non, c'est vers une voiture banalisée que nous nous dirigeons. Et notre chef de la police tout heureux de nous dire qu'il avait évacué Idajet entre 12h et 14h, à notre barbe. Après une profonde inspiration, je monte donc et nous voilà partis sur la 89. Nous dépassons le petit château à la sortie de Boulazac et nous nous garons sur une portion de vieille route parallèle à la nationale, juste avant le panneau signalant le radar.
"Polaire appelle étoile, répondez"
Je suis dans un mauvais film de série B. Il tonne et pleut à verse. L'aimable chef n'arrête pas de parler pour établir un contact…
Après une attente d'une vingtaine de minutes, une seconde voiture vient se garer derrière nous et je vois Idayet quelques minutes. Il a l'air perdu, demande s'il peut retourner chez lui, à Périgueux pour régler ses affaires, en récupérer, et puis il repartira tranquillement en Albanie, avec sa voiture, puisque c'est ce qu'on lui demande. Je l'assure de notre soutien, de celui de la CIMADE avec laquelle on prendra contact à Toulouse, puisque c'est sa destination. Je lui dis d'avoir du courage, mais il n'est déjà plus là. Il est dans cette zone de transit, de vide. Entre la vie qu'il était en train de reconstruire, en France, et la vie future, difficile, dans un pays qu'il ne reconnaît plus tout à fait comme le sien.
Le retour à Périgueux se fait dans le silence, ponctué, par le grand chef, de considérations sur la circulation, sur le temps.
Il y a une toute petite chance pour que l'avocat d'Idajet puisse faire aboutir une requête au Tribunal administratif, mais elle me paraît bien faible.
Voilà où nous en sommes avec les non renouvellements de cartes d'étrangers malades. Du traitement à mesures variables. Un coup, je te donne un récépissé de 3 mois, une promesse de carte, mais on ne sait pas laquelle. Un coup, je ne te réponds pas, on n'a pas le temps. Un coup, je t'expulse! Faut faire du chiffre!
Tout cela nous allons à nouveau le dénoncer à la préfecture le 18 juin à 17h
Pour trois raisons :
1. Nous voulons à nouveau évoquer les droits des étrangers malades.
2. Nous voulons prendre une photo de groupe où se retrouveront les signataires du manifeste des innombrables et toutes les personnes qui ne sont pas d'accord avec la politique honteuse et dégradante mise en place à l'égard des étrangers.
3. Nous voulons manifester avec RESF, sur l'ensemble du territoire notre honte devant la directive européenne qui va être votée ce jour là pour renforcer la répression vis à vis des sans papiers.
Jean-Michel CHERBERO